Émile Le Can se souvient des débuts de l’Union sportive
Émile Le Can (à droite) avec André Collet, l’un des piliers de l’USE puisqu’il a commencé à jouer au football à 12 ans et n’a plus lâché le ballon pendant 47 ans, chargé aujourd’hui de collecter les souvenirs du club.
Le 5 juin prochain l’Union sportive d’Erquy fêtera son 90e anniversaire. Si les footballeurs de la première heure ont aujourd’hui disparu, il reste à Erquy quelques anciens qui se souviennent de ce que fut le football à Erquy avant la guerre. C’est le cas d’Émile Le Can dit « Mimile », 87 ans, qui garde précieusement articles de presse et photos qui témoignent de la belle envolée de l’USE notamment dans les années 50.
Dans un champ de patates
« J’ai commencé à jouer au foot lorsque j’avais 14 ou 15 ans. Avant la guerre, j’étais apprenti boucher chez Durand. En voyant comment il jouait au foot, je me suis dit que je pourrai bien en faire autant », se souvient Emile un peu moqueur. « On jouait à Tu-es-Roc dans un champ de patates. » Le stade d’Erquy sera créé avant la guerre, puis réquisitionné par les Allemands qui y construisent des baraques utilisées plus tard comme salle de bal et salles de classe. Il ne manque pas de tempérament Emile. « Si j’avais été moins tête de lard, j’aurais pu être pro. » Engagé pendant un an et demi aux côtés des Américains, il se pose à Roubaix après guerre où il jouera au football à 22 ans aux côtés du sélectionneur de l’équipe de France Goerges Verriest, qui était alors son employeur et n’a pas manqué de remarquer cette forte tête. « Mais je ne pensais qu’à revenir à Erquy. » À son retour au pays, il jouera à Lamballe qui évolue alors en division d’honneur. « J’y gagnais un peu d’argent, j’avais des primes de match et Saint-Brieuc aussi me sollicitait. » Il fera aussi un passage à Pléneuf et reviendra à Erquy.
« Le dernier shoot »
Émile se souvient de la grande époque de l’USE : en 1954, l’équipe réginéenne évoluait en division d’honneur régionale. « On était une équipe laïque avec un curé à la tête du club. » L’abbé David présidera l’USE pendant quelques années à partir de 1955. À 35 ans, à la suite d’un problème de genou, Emile arrêtera définitivement le foot et pour garder en mémoire toutes ces années football, il nommera sa maison « le dernier shoot » mais n’arrêtera pas le sport pour autant. « J’ai joué au tennis pendant 38 ans. » Il sera bien sûr invité à venir partager son témoignage le 5 juin pour la grande fête anniversaire de l’USE.
Des noms manquants sur une photo
Parmi les photos souvenirs qui seront présentées lors du 90e anniversaire de l’USE : cette photographie issue des archives d’André Lavoine, a été prise en 1942, sur le terrain de foot provisoire de Caroual, avant que celui-ci ne soit transformé en champ de mine par l’occupant allemand.
“Il s’agissait d’une rencontre de bienfaisance qui opposait mariés (notre équipe) et célibataires, au profit d’une oeuvre sociale”
Certains joueurs ont été identifiés comme au premier rang Eugène Durand (le boucher), Lavoine, Joseph Dagorne ou Le Pavoux, Georges Poilvé (au second rang avec le béret) et au 3e rang Nicol (le boulanger), Gouranton (le pharmacien), à côté d’un dirigeant qui reste à identifier. Les Réginéens sont invités à compléter cette liste auprès de l’USE.
Article du journal Ouest-France - Samedi 27 février 2010










